
J’ai accompagné Patrick l’année dernière. Sa Porsche 911 GT3 valait 165 000 €. Son assurance classique lui proposait 128 000 € après un vol total. Écart de 37 000 €. C’est le genre de situation que je vois régulièrement chez les propriétaires de véhicules de prestige qui n’ont pas choisi les bonnes garanties.
Information importante
Ce contenu est fourni à titre informatif et ne constitue pas un conseil en assurance personnalisé. Consultez un courtier ou assureur spécialisé pour une étude adaptée à votre véhicule et votre profil.
L’essentiel pour assurer votre véhicule de luxe :
- La valeur agréée garantit une indemnisation au montant convenu, pas à la cote Argus
- L’usage circuit est exclu des contrats classiques — option spécifique obligatoire
- Une franchise modulable peut passer de 0 € à 2 000 € selon votre choix
- Prévoyez une expertise préalable pour les véhicules de plus de 80 000 €
Pourquoi votre assurance auto classique ne suffit pas pour un véhicule de luxe
Votre berline de fonction est assurée chez un assureur généraliste. Ça fonctionne. Mais votre BMW M4 ou votre Aston Martin mérite une approche différente. Le problème ? L’indemnisation.

Selon le rapport 2024 de France Assureurs, la prime moyenne d’un véhicule standard s’établit à 480 € hors taxes. Sur un véhicule de luxe, ce montant peut tripler. Mais ce n’est pas la prime qui pose problème. C’est ce qui se passe après un sinistre.
Le piège de l’indemnisation valeur vénale
Sur un véhicule de prestige, la valeur vénale (cote Argus) peut être inférieure de 20 à 40 % au prix d’achat après 3 ans. Sans clause de valeur agréée, vous risquez une indemnisation très inférieure à ce que vaut réellement votre véhicule sur le marché des passionnés.
Dans ma pratique, j’observe que de nombreux propriétaires de Ferrari ou Porsche déclarent la valeur d’achat initiale sans la réévaluer chaque année. Sur les dossiers sinistres que j’ai traités en région Sud-Est, cela génère des écarts d’indemnisation de 15 à 30 % lorsque la cote du modèle a évolué — parfois à la hausse. Ce constat est limité à mon périmètre d’observation, la dynamique peut varier selon la région et la rareté du modèle.
L’analyse ACPR premier semestre 2025 confirme un autre problème : la hausse du coût moyen des réparations s’élève à 6,2 % en 2024 et 25,7 % sur quatre ans. Sur une supercar, les pièces détachées peuvent coûter le triple d’un véhicule standard. Mauvaise nouvelle pour les assureurs généralistes qui préfèrent souvent déclarer un sinistre total plutôt que réparer.
25,7%
hausse du coût des réparations auto sur 4 ans
Les 4 garanties non négociables pour protéger votre investissement

Soyons clairs : toutes les garanties proposées ne se valent pas. Certaines sont du remplissage marketing. D’autres peuvent vous faire économiser 30 000 € sur un sinistre. Voici celles que je recommande systématiquement à mes clients qui souhaitent assurer une voiture de prestige.
La première, c’est la valeur agréée. Selon l’article L172-7 du Code des assurances, « si elle a été agréée, [la valeur est garantie] pour toute la somme assurée », en l’absence de fraude. Concrètement, vous fixez avec l’assureur le montant d’indemnisation dès la souscription. Pas de discussion après un sinistre. C’est le point crucial.
Avant de détailler les autres garanties, assurez-vous de bien comprendre la différence entre assurance au tiers et tous risques. Sans cette base, difficile de faire le bon choix.
| Garantie | Véhicule > 50 000 € | Impact sinistre |
|---|---|---|
| Valeur agréée | Indispensable | Évite 20-40 % de perte à l’indemnisation |
| Dommages tous accidents | Indispensable | Couvre sinistre responsable, vandalisme, sortie de route |
| Assistance 0 km | Recommandée | Prise en charge même en panne devant chez vous |
| Option RC circuit | Selon usage | Obligatoire si trackdays, sinon exclusion totale |
| Franchise modulable | Optionnelle | Réduit la prime mais augmente le reste à charge |
La deuxième garantie critique, c’est la couverture dommages tous accidents. Seule cette formule vous protège en cas de sinistre responsable. Sur une voiture à 80 000 €, ce n’est pas négociable. La troisième : l’assistance 0 km, indispensable quand votre GT refuse de démarrer dans votre garage. Aucun kilométrage minimum requis pour déclencher l’intervention.
Quatrième point : l’usage circuit. C’est exclu. Toujours. Sauf avenant spécifique. Si vous participez à des trackdays, même sans compétition chronométrée, vérifiez que votre contrat inclut explicitement la RC circuit. Sinon ? Aucune prise en charge, même pour un accrochage dans les stands.
Quelle formule choisir selon votre usage réel
Vous roulez 25 000 km par an avec votre GT ? Ou vous la sortez trois weekends par mois pour des balades en montagne ? Les deux profils n’ont pas besoin de la même couverture. Voici comment trancher.
Choisir la formule adaptée à votre usage
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Usage quotidien + trajets > 15 000 km/an :
Formule Intégrale avec kilométrage illimité. Privilégiez l’assistance 0 km et un véhicule de remplacement jusqu’à 30 jours.
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Usage weekend + véhicule plaisir :
Formule Étendue avec valeur agréée obligatoire. La franchise modulable peut réduire la prime si vous roulez peu.
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Sorties circuit régulières (trackdays) :
Formule Intégrale + avenant RC Circuit. Sans cette option, aucune couverture sur piste — même au paddock.
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Véhicule ancien > 30 ans :
Selon les conditions définies par Service-Public.fr, vous pouvez obtenir une carte grise collection. Formule Étendue souvent suffisante, avec expertise FFVE préalable.

Je ne vais pas vous mentir : la formule Intégrale coûte cher. Comptez entre 1 % et 2 % de la valeur déclarée du véhicule par an. Sur une voiture à 100 000 €, ça représente 1 000 à 2 000 € de prime annuelle. Mais la formule Essentielle ne protège pas votre patrimoine automobile. Elle protège les autres. C’est tout.
L’erreur la plus fréquente que je rencontre ? Des propriétaires qui choisissent une formule Étendue… puis font un trackday sans le déclarer. Résultat : exclusion de garantie en cas de sinistre sur circuit. Aucun recours possible.
Vos questions sur l’assurance véhicule de prestige
Combien coûte une assurance pour une Ferrari ou une Porsche ?
Les tarifs varient fortement selon le modèle, votre profil et les garanties choisies. Pour donner un ordre d’idée : une Ferrari F355 peut être assurée à partir de 950 € par an en formule Étendue, une BMW M535i autour de 100 € et une Audi Quattro collection aux alentours de 500 €. Ces montants concernent des profils expérimentés avec garage fermé.
Mon assurance classique me couvre-t-elle sur circuit ?
Non. La quasi-totalité des contrats auto excluent l’usage sur circuit, même pour des trackdays sans chronométrage officiel. Il vous faut un avenant RC Circuit spécifique, proposé par les assureurs spécialisés. Vérifiez les conditions : certains limitent le nombre de journées annuelles.
Comment fonctionne la valeur agréée ?
Vous définissez avec l’assureur, au moment de la souscription, le montant que vous recevrez en cas de sinistre total. Ce montant est inscrit au contrat. Contrairement à la valeur vénale (cote Argus), il ne fluctue pas au gré du marché. Sur un véhicule de prestige, c’est la seule façon de garantir une indemnisation à la hauteur de votre investissement.
Puis-je assurer un véhicule de collection avec une assurance prestige ?
Oui, mais les critères diffèrent. Un véhicule de collection doit avoir plus de 30 ans et ne plus être produit. L’attestation FFVE coûte 60 € et le délai de traitement est de 4 à 6 semaines. Si vous possédez un véhicule ancien de ce type, consultez notre guide sur l’assurance pour véhicule de collection.
Que se passe-t-il si je sous-déclare la valeur de mon véhicule ?
L’assureur appliquera la règle proportionnelle : si vous avez déclaré 80 000 € pour un véhicule valant 100 000 €, votre indemnisation sera réduite de 20 %. Inversement, surdéclarer peut être considéré comme une fraude. La bonne pratique : réévaluer la valeur agréée chaque année, surtout sur les modèles dont la cote évolue.
Et maintenant ?
Votre plan d’action pour sécuriser votre véhicule
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Demander 2 à 3 devis auprès d’assureurs spécialisés véhicules de prestige
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Exiger systématiquement la clause valeur agréée pour tout véhicule supérieur à 50 000 €
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Vérifier l’exclusion circuit dans les conditions générales avant de signer
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Prévoir photos et factures pour l’expertise préalable si véhicule dépasse 80 000 €
Chaque véhicule de prestige mérite une analyse sur mesure. Le bon réflexe ? Ne jamais signer sans avoir comparé au moins trois offres spécialisées — et lu les exclusions en petits caractères.